Chaque individu possède un motif ventral qui lui est propre. Ainsi, cela donne aux scientifiques des renseignements précieux sur ses déplacements dans l’année, les habitats occupés pendant la saison, ou encore, pour estimer son âge.
Le Sonneur à ventre jaune est actuellement en danger d’extinction dans la région des Hauts-de-France. Aujourd’hui, il ne subsiste plus que dans le sud de l’Aisne !
Statut de conservation : Classé « EN » (en danger) sur la liste rouge Hauts-de-France.
Statut de menace : Classé « VU » (vulnérable) sur la liste nationale. Il fait l’objet d’un plan national d’actions (PNA)
Statut règlementaire : Espèce d’intérêt communautaire à l’échelle européenne : le Sonneur est listé à l’Annexe II (espèces pour lesquelles des zones spéciales de conservation doivent être désignées) et l’Annexe IV (espèce strictement protégée, interdiction de capture, perturbation ou destruction d’habitat) de la Directive Habitats (92/43/CEE).
Le Sonneur est actif de jour comme de nuit. Il vit dans des milieux très pionniers et perturbés (des ornières et des petites mares de quelques mètres carrés, des fossés etc.). De plus, il a une reproduction tardive (à partir de mai jusqu’à août), calant sa reproduction en fonction des pluies estivales.
Par ailleurs, ses sites d’alimentation se trouvent à proximité de ses sites de reproduction et de ses aires de repos (hivernage).
Concernant son alimentation, les Sonneurs à ventre jaune adultes consomment des vers, des petits crustacés, ainsi que des mollusques. Les têtards quant à eux, sont herbivores ou détritivores.
L’espèce est relativement discrète en raison de son mimétisme et de son chant sourd, qui le rend ainsi peu audible. Lorsqu’il est inquiété, dérangé ou agressé, il présente un comportement défensif : c’est le réflexe d’Unken. Il s’arc-boute sur son dos et présente sa face ventrale à son assaillant, tandis qu’il rapproche ses membres de son corps. Mais si l’agression continue, le Sonneur peut libérer un liquide visqueux, poison irritant pour les yeux, et à l’odeur repoussante.
Attention ! Toutes les espèces d’amphibiens sont protégées et il est nécessaire d’avoir une dérogation spéciale pour les manipuler.
Contrairement à la face dorsale, terne et discrète, la phase inférieure est vive, jaune marbré de noir pour indiquer la toxicité de l’espèce. C’est ce qu’on appelle des couleurs aposématiques qui concerne les animaux - et parfois les plantes - qui utilisent leur couleur corporelle vive pour avertir d'autres espèces d'êtres vivants de leur toxicité chimique.
Du grec "apo" (loin) et "sema" (signal), l'aposématisme repose sur l'utilisation de signaux d'alerte pour éloigner les autres espèces, principalement les prédateurs.
Le Sonneur à ventre jaune libère un mucus irritant contenant des substances bufadienolides, des glycosides cardiaques capables d’interférer avec le rythme cardiaque des prédateurs.
Pour l’humain, cela peut provoquer une légère irritation cutanée ou des muqueuses si on le manipule à mains nues ; surtout en cas de plaies.
En milieu aquatique, les têtards et juvéniles en métamorphose doivent se méfier des poissons, larves de dytiques et libellules alors que sur terre en boisement, les ratons laveurs, hérons, renards, couleuvres et autres hérissons vont plutôt consommer les adultes.
D’un point de vue global, les points d‘eau sont nécessaires au maintien d’un certain degré d’humidité indispensable aux amphibiens. Le Sonneur à ventre jaune fréquente les habitats aquatiques pendant la période estivale, d’avril à septembre/octobre.
Ils utilisent plusieurs points d’eau espacés de quelques mètres formant un réseau. Les points d’eau peu profonds (moins de 30cm), peu végétalisés et bien ensoleillées sont utilisées pour la reproduction (pontes et développement larvaire jusqu’à la métamorphose). Les points d’eau plus frais peuvent également être utilisés comme zone d’alimentation.
L’habitat terrestre du Sonneur à ventre jaune est moins connu : il hiverne d’octobre à avril dans des abris terrestres tels que souches d’arbres, bois morts ou des cavités dans le sol, probablement localisés à proximité des points d’eau utilisés. En cas d’assèchement des points d’eau lors d’étés secs, il trouve refuge dans ces mêmes abris.
Les adultes restent à proximité de l’eau durant la saison estivale, il est toutefois capable d’entreprendre des déplacements relativement importants, au printemps, en période pluvieuse.
Seul ou à plusieurs, mettez vos connaissances à l’épreuve et testez ce que vous savez sur le Sonneur à ventre jaune grâce à ces deux quiz.
Le Sonneur à ventre jaune pourrait bientôt disparaître des Hauts-de-France. Ses derniers habitats sont menacés et chaque site préservé compte.
Mais il est encore temps d’agir. Aidez-nous à le sauver !
L’argent récolté servira à acheter des sites naturels qu’il pourra utiliser comme lieu de vie et de reproduction.
Crédits photos : ©M. Gatel
Ecriture et mise en page : Tatiana TRONEL (chargée d’études scientifiques) ; Mathilde REVE (chargée de mission territoriale) ; Maryse BRECL et Eloïse THEO (service communication)