Une espèce qui disparaît avec ses habitats
Depuis le début du XXe siècle, les deux tiers des zones humides ont disparu en France. On estime qu’elles continuent aujourd’hui à disparaître au rythme d’environ 10 000 hectares par an, emportant avec elles un cortège extraordinaire d’animaux et de plantes.
En France, le Sonneur à ventre jaune est devenu rare sur la façade atlantique et occupe actuellement principalement les régions du Centre et de l’Est. La disparition et la dégradation de ses habitats fragilisent encore davantage les populations de cette espèce aujourd’hui menacée.
Les facteurs de déclin
Perte et fragmentation des habitats
Les populations de Sonneur à ventre jaune peuvent se retrouver isolées par la présence d’infrastructures linéaires de transport, comme les routes ou les voies ferrées. La disparition des éléments paysagers qui structurent leur habitat terrestre peut également limiter leurs déplacements, tout comme les ruptures de la continuité entre les différents milieux aquatiques, notamment lorsque les zones humides s’assèchent.
Ces ruptures isolent progressivement les populations et limitent les déplacements des individus entre les différents sites favorables à l’espèce.
Des pratiques agricoles et sylvicoles qui peuvent dégrader ses habitats
Certaines interventions peuvent avoir des conséquences importantes sur les sites de reproduction du Sonneur. Le comblement ou le curage de mares et de fossés sans précautions, l’empierrement des chemins ou encore le comblement des ornières, sans création d’habitats de substitution, lors des opérations de débardage peuvent faire disparaître des points d’eau essentiels à l’espèce.
Ces petits habitats, parfois temporaires et peu spectaculaires, jouent pourtant un rôle essentiel dans le cycle de vie du Sonneur à ventre jaune.
Une espèce fragilisée par de multiples pressions
À ces menaces s’ajoutent le changement climatique, la faiblesse et l’isolement des populations en limite d’aire de répartition, la prédation par des espèces introduites, certaines pratiques de loisirs, les pollutions et les maladies.
Pris individuellement ou combinés, ces facteurs fragilisent davantage des populations déjà réduites. Dans les Hauts-de-France, où le Sonneur à ventre jaune ne subsiste plus que dans le sud de l’Aisne, chaque habitat favorable à l’espèce devient donc particulièrement précieux.
Mais cette disparition n'est pas une fatalité
Le Sonneur à ventre jaune bénéficie de nombreuses mesures de protection à l’échelle européenne et nationale. Depuis 2011, cet anoure fait l’objet d’un plan national d’actions porté jusqu’en 2025 par l’ONF (Office National des Forêts). A ce jour, ce plan d’action est animé par la SHF (Société herpétologique de France).
Pour assurer durablement la conservation ou le rétablissement de l’espèce, le véritable challenge sera de réussir à faire coexister les activités récréatives, agricoles, sylvicoles ou même cynégétiques, afin que chacun trouve sa place dans les milieux naturels accueillant le Sonneur.
On retiendra comme principales mesures de sauvegarde :
- le maintien et la multiplication de petites mares, même temporaires, ainsi que la préservation de la connectivité entre les différents sites.
- la poursuite et le renforcement des actions de sensibilisation menées par le Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France auprès des acteurs locaux, afin d’éviter les aménagements destructeurs ou dommageables pour l’espèce.
Les mesures de protection mises en place par le Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France
Depuis 2021, dans le cadre de l’animation du plan national d’actions en faveur du Sonneur, le Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France accompagne l’Office National des Forêts (ONF) et Ligneo (Coopérative forestière du Nord-Est) pour la preservation et la restauration des habitats naturels du Sonneur et la sauvegarde de l’espèce, sur leurs espaces en gestion.
Restaurer et multiplier les habitats du Sonneur
L’année 2021 marque également le lancement du projet PAXSON 1.
En deux ans, 148 mares ont ainsi été créées ou restaurées sur 15 sites, offrant de nouveaux habitats aux populations de Sonneur. Dès 2022, les premiers résultats se sont révélés encourageants, avec une recolonisation rapide de plusieurs mares par l’espèce.
Pour inscrire ces actions dans la durée, le Conservatoire a également signé 9 conventions de partenariat avec des propriétaires et des gestionnaires forestiers.
Depuis 2024, ces actions se poursuivent et se renforcent dans le cadre de PAXSON 2, qui se déploie jusqu’en 2026. Ce second plan prévoit notamment la restauration et le renforcement d’un réseau de points d’eau favorables au Sonneur, avec :
la signature de nouvelles conventions de partenariat.
la poursuite et le renforcement des suivis scientifiques sur les stations de Sonneur connues, ainsi que la prospection de zones de présence historique favorables à l’espèce, dans l’espoir de retrouver des individus. Le suivi des populations du Sonneur à ventre jaune repose notamment sur la méthode de Capture-Marquage-Recapture (CMR), qui permet d’estimer la taille des populations et d’analyser les déplacements des individus (les résultats de ces suivis seront présentés dans un prochain article).
- la restauration et le renforcement d’un réseau de points d’eau, afin de poursuivre les actions engagées lors de PAXSON 1 et de maintenir des habitats favorables à la reproduction de l’espèce. À l’automne 2025, plus d’une centaine de points d’eau ont été créés. Les travaux prévus en 2026 vont bientôt débuter. À noter que ces mesures sont également favorables à un cortège d’espèces faunistiques et floristiques associé aux milieux humides temporaires.
Nos actions en images
Le Sonneur à ventre jaune a besoin de vous !
Le Sonneur à ventre jaune pourrait bientôt disparaître des Hauts-de-France. Ses derniers habitats sont menacés et chaque site préservé compte.
Mais il est encore temps d’agir. Aidez-nous à le sauver !
L’argent récolté servira à acheter des sites naturels qu’il pourra utiliser comme lieu de vie et de reproduction.